La relation aidant-aidé et ses limites

Le travail d’intervention n’est pas simple. 

La relation aidant-aidé comporte plusieurs sources d’irritation, de découragement, de sentiment d’impuissance, d’interrogation, il faut savoir s’en servir pour faire avancer la relation. Faire confiance en ses intuitions et son ressenti, est une façon d’intervenir.

 Par exemple, si quelque chose me dit que je ne suis pas bien, pas à l’aise avec ce qui se passe, que j’ai peur, que je n’aime plus être là où je suis… ce n’est pas par hasard, et c’est probablement le signe que :

1. je touche une limite du processus dans lequel je suis engagé avec l’autre, ou

2. je suis malgré moi engagé dans une dynamique que m’impose l’apprenant

 

Parfois, je peux agir et prévoir certaines limites avant même le début de la relation, parfois je ne le peux pas.

D’autres fois, je vais devoir intervenir à chaud pendant la relation avec l’autre, pour demander des éclaircissements, des changements de comportements…

 

Type

Limites

Puis-je y changer quelque chose ?

Extérieur à la relation

1. Les lieux physiques

Oui

2. Le bon moment

Oui

3. Les sources de distractions

Oui

Limites de l’autre

4. Son degré d’isolement

L’amener à parler

5. Son degré de désorganisation

Diminuer l’anxiété

6. Ses comportements (agressivité, souffrances…)

+ ou –

 

7. Ses attentes et ses désirs

+ ou –

8. Sa personnalité

Non

9. Son implication dans la relation

+ ou -

Mes limites

10. Ma tolérance (ce avec quoi je suis à l’aise)

+ ou -

 

11. Mes caractéristiques (sexe, âge, formation…)

Non

12. Mon implication dans la relation

+ ou –

13. Mes présupposés, mes préjugés sur ce que la personne vit

+ ou-

14. Mes valeurs

+ou-

15. Mes modèles, théories

Oui, à mettre de côté

Limites dans la relation

16. Climat

Oui

17. Confiance

Oui

18. Affinité

+ou- (j’ai à m’interroger)

19. Les rôles de la relation et l’asymétrie qu’ils induisent

Oui

 

20. La Philosophie ou l’approche de l’organisme dans un contexte professionnel

Non pendant la relation, oui avec l’organisme par la suite

 

L’environnement de la relation aidant-aidé

1. Un cadre défini et flexible se veut une dimension essentielle d’une relation d’aide. Les lieux physiques devraient favoriser l’intimité, l’échange, la douceur, le calme… fermer les portes, assurer la confidentialité, éviter l’éclairage trop cru… la beauté des lieux, la propreté et l’odeur agréable sont requis pour favoriser l’échange.

2. Trouver le bon moment, qui présuppose un début et une fin (temporalité dans laquelle peut s’inscrire le discours de l’autre est un élément nécessaire).

3. Eliminer les sources possibles de distractions : téléphone portable, bruit, fenêtre ouverte…. (Se souvenir que les « signes » de richesse, de goût, de séduction, même ceux inconscients, peuvent trop souvent avoir des effets tout à fait pervers dans le travail d’aide).

Les limites de l’autre

4. Evaluer le degré d’isolement de l’aidé et l’amener doucement à al confiance, cela peut parfois entraîner de l’inquiétude, de l’irritation chez l’intervenant, voire un sentiment d’impuissance.

5. Evaluer le degré de désorganisation de l’aidé et l’amener doucement vers plus de calme, patience, compréhension… L’idéal n’est pas d’atteindre un niveau d’anxiété nul, mais bien un niveau tolérable qui permet à la fois à l’aidé d’élaborer et de mobiliser dans son désir de changement.

6. Evaluer les comportements de l’aidé. Parfois la personne qui demande de l’aide le fait d’une façon inadéquate. La personne aidante doit demander un ou des changements.

7. Savoir reconnaître les attentes irrationnelles, les fantasmes et les désirs que vous ne saurez satisfaire chez l’autre. Ne donnez jamais l’impression que vous parviendrez à les combler, certains désirs doivent demeurer sans réponse et être abandonnés. Soyez honnête et informez-le le plus rapidement possible des limites de votre travail d’intervention.

8. Savoir reconnaître des éléments de la personnalité de l’autre, de son histoire, qui vous heurtent, qui vous répugnent, qui vous mettent mal à l’aise ou vous polarisent… Ne faites pas semblant que tout va bien, que vous êtes à l’aise avec tout ce que vous entendez… s’il devient difficile pour vous de poursuivre, alors ne poursuivez pas cette relation.

9. Savoir reconnaître la réelle implication de l’autre dans la relation. Plusieurs personnes se retrouvent en situation d’aidé sans l’avoir vraiment demandé ou cherché ou désiré.

Mes limites comme aidant

10. Ce qu’il a vécu, ses habitudes, ce qu’il représente, tout ce qui peut me causer malaise et interférer avec l’espèce de neutralité de jugement que je tente d’instaurer dans la relation. S’interroger sur le pourquoi de cette réaction personnelle est nécessaire. 

11. Reconnaître mes caractéristiques et me rendre compte que dans certaines occasions cela peut causer un malaise à l’autre. 

12. Reconnaître mon degré d’implication actuel dans la relation (on le droit d’être fatigué…) autant de bonnes raisons d’être moins attentif, moins à l’écoute, moins tolérant. S’en rendre compte est important. 

13-14. Reconnaître que j’ai des valeurs, que certaines de ces valeurs sont pour moi plus importantes que d’autres, que je tiens à organiser ma vie autour de certaines de ces valeurs, et que, surtout l’autre ne partage pas nécessairement les mêmes valeurs. 

15. Reconnaître que j’examine, que je comprends, que j’explique ce que je vois et j’entends et ressens à partir de certains modèles, certaines pratiques, certaines théories… et que l’autre peut avoir une grille de lecture tout à fait différente de ce qu’il lui arrive ? Le respect de l’autre peut parfois nous demander de taire ou de relativiser des croyances, des suppositions, des modèles, des valeurs…. Mais il ne faut jamais mettre de côté notre identité, notre inspiration, notre façon d’être au monde.

Les limites dans la relation

16. Ressentir et agir, si possible, sur le climat, si cela s’avère nécessaire. 

17. Ressentir et agir, si possible, sur la confiance, si cela s’avère nécessaire. Ce qui compte c’est d’arriver à comprendre ce qui se loge dans votre doute. 

18. Ressentir et agir, si possible, sur l’affinité, le plaisir à être ensemble, le partage de l’intimité. Si les dimensions de cette évolution de la communication ne sont plus satisfaisantes (climat, confiance, proximité…) pour l’un ou pour l’autre des participants, il convient d’examiner les limites que cela impose à la relation, la pertinence ou les règles du jeu au besoin ; et ce rôle revient souvent à l’intervenant. 

19. Une relation aidant-aidé se construit souvent sur une asymétrie des rôles ; l’intervenant est souvent placé dans une position d’autorité ou du « sensé savoir ». Souvenez-vous toujours que vous n’avez pas et surtout que vous ne devez pas avoir la réponse à toutes questions ; le travail de relation d’aide passe aussi par l’acceptation et la tolérance de l’absence des réponses, la vôtre et celle de l’aidé.

Ce qui compte, malgré l’autorité que vous confère parfois votre rôle, c’est de cous rappeler que vous n’êtes pas l’égal de votre aidé, tant au niveau de vos connaissances, compétences ou habileté, ce que l’autre vient chercher chez vous, mais vous restez tous deux égaux en dignité humaine. 

20. Savoir reconnaître les limites de la philosophie ou de l’approche de l’organisme pour lequel j’interviens dans un contexte professionnel. Plusieurs organismes d’intervention ont des règles précises qui structurent le travail d’aide mais qui peuvent souvent devenir des limites au travail réellement effectué avec les aidés, des limites à la qualité de la relation que je peux construire avec des aidés (horaires de travail, limites temps imposés aux entretiens, directives d’évaluation, d’échange, d’écoute…).

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