projet

Carnet d'un voyage d'étude en Italie, par deux accompagnatrices bénévoles


Le voyage d’étude auquel nous avons participé a été initié par le GRETA Yonne Nord et dans le cadre de son partenariat avec la Plateforme CLEF du Sénonais. Nous étions quatre personnes venues de France quoique d'horizons différents: Véronique Riberoux, formatrice au GRETA, Stéphane Barbillon, guide au Musée de Sens, et nous-mêmes, en tant qu'accompagnatrices bénévoles de la plateforme CLEF; tous partis à  la rencontre de nos homologues européens pour un ultime échange, celui-ci venant clôturer ce qui fut amorcé en Italie en 2009, sous l’égide de la Commission Européenne. 

En effet, « La stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive considère l'éducation et la formation tout au long de la vie et le développement des compétences comme des éléments clés de la réponse à apporter à la crise économique actuelle et au vieillissement de la population, ainsi que de la stratégie économique et sociale globale de l'Union Européenne. » (Résolution du Conseil sur un agenda européen renouvelé dans le domaine de l'éducation et de la formation des adultes  - (2011/C 372/01)).

C’est dans ce cadre qu’un projet GRUNDTVIG  a été mis en place, auquel  cinq pays participent : l’Allemagne, Chypre, la France, l’Italie et la Turquie.

  • LE PROJET

Le projet «  langage comme moyen d’inclusion sociale » est né d’un séminaire de rencontre en  Italie en 2009, au cours duquel les institutions participantes ont trouvé avoir des problèmes communs concernant l’éducation d’une deuxième langue aux étrangers migrants. Les différentes réunions qui  s’en sont suivies ont conduit à la création d’un site internet : (www.webalice.it/losnodo1/theprojetc.htlm).


  • LES REUNIONS EN ITALIE

- A Florence nous avons été accueillis au CESVOST, un groupement d’associations spécialisées dans le bénévolat et très impliquées dans l’enseignement aux migrants.

Le matin, s’est tenue une réunion sur le contenu à apporter au site internet.  Il a été convenu que le site serait accessible dans la langue de chacun des pays participants, qu’il devait être nourri et enrichi, qu’un interlocuteur unique dans chaque pays alimenterait le site, qu’une attention particulière serait apportée au droit à l’image lors de la publication de photos sur le site.

La question de la visibilité du projet a aussi été évoquée : doit-on relier le site aux réseaux sociaux ? La question de la rapidité de la communication semble, pour les Turcs plus facile par Facebook que par e-mail.

Il semble aussi que les partenaires doivent être présentés de manière plus approfondie.

L’après-midi, une visite, par groupe de 4 ou 5,  a été organisée dans les associations partenaires de CESVOT, pour rencontrer les enseignants bénévoles et les apprenants.

Nous avons visité l’une d’entre elles, où nous avons pu observer le dévouement des enseignants qui travaillent dans des conditions difficiles. En effet, les locaux sont exigus,  de simples rideaux séparent les « classes », où 6 apprenants  travaillent ensemble autour d’un bénévole. Une participation de 5 € est demandée aux apprenants.

- Le mardi a été dédié aux résultats des enquêtes conduites dans chaque pays concernant les motivations tant des apprenants que des bénévoles.

Les résultats de ces enquêtes montrent d’une part la sociologie des apprenants : choix de l’expatriation, choix du lieu d’émigration, etc. d’où il ressort que les motivations premières sont la recherche d’un emploi et ensuite le regroupement familial ; d’autre part, ce qui semble plus problématique, est la réelle  difficulté des apprenants à utiliser la langue de leur pays d’immigration dans la vie courante, surtout à la maison où ils continuent d’utiliser la langue du pays d’origine.

 

La deuxième partie du séminaire devant se tenir à Arcidosso, dans une autre partie de Toscane, la journée du mercredi a été consacrée au déplacement. Le trajet étant assez long, une pause déjeuner a été organisée à Sienne.

- A Arcidosso, l’enseignement de l’italien comme seconde langue aux populations immigrées se fait dans un cadre institutionnel et ce sont les professeurs des écoles qui enseignent.

Nous avons pu rencontrer les apprenants (entre autres,  une algérienne, un roumain, une africaine),  qui nous ont fait part de l’importance du programme  pour s’intégrer dans la société italienne. Les professeurs se sont mis à notre disposition pour nous expliquer leur manière d’enseigner aux adultes et nous présenter les outils dont ils disposent.

- Le vendredi, dernier jour du séminaire, les membres de la Communauté de Communes nous ont reçus et nous ont exprimé leur satisfaction concernant le déroulement du projet qui verra  sa concrétisation  vers la fin juillet, avec la mise en service du site web. Les différents membres se sont exprimés sur la nécessité d’apprendre une seconde langue. La motivation de la coordinatrice du projet pour l’Italie nous a séduites car elle croit fermement à ce projet, à la nécessité de le voir perdurer, et à son rôle émancipateur pour les immigrés.

S’ensuivirent quelques mots de chaque représentant des pays partenaires, d’où il ressort qu’une meilleure compréhension des problèmes rencontrés permet un rapprochement de pays jusque-là éloignés politiquement et culturellement.

Le séminaire s’est terminé par la remise à chacun des participants d’un diplôme attestant de sa participation à ce voyage d’étude.

 

CONCLUSION

Notre participation à ce voyage d’étude nous a permis d’appréhender les difficultés rencontrées partout en Europe en ce qui concerne l’enseignement aux adultes d’une langue étrangère ; de voir que la sociologie des apprenants semble la même dans tous les pays,  que les pratiques linguistiques des immigrants sont également identiques, que l’obligation de passer un examen de langue afin d’obtenir un permis de séjour longue durée semble obligatoire dans chacun des pays partenaires,  qu’un des soucis premiers des immigrants est d’obtenir le permis de conduire du pays qui les accueille.

Les représentants de la Turquie nous ont fait part de leur satisfaction de savoir que, grâce à la diffusion de l’enseignement aux adultes migrants de la langue du pays d’accueil, leur population migrante avait donc toutes les chances de s’intégrer pleinement et de pouvoir prétendre à une vie professionnelle satisfaisante.

Nous avons remarqué qu’une participation financière, si  modique soit-elle, semble motiver les apprenants que nous avons pu rencontrer dans le cadre de l’association que nous avons visitée à Florence.

En ce qui nous concerne personnellement, ce voyage nous a amenées à modifier le regard que nous portions sur les populations immigrées, à connaître les différents programmes et centres de ressources européens pour l’enseignement aux adultes et à partager des outils avec les autres partenaires.


Michèle SIRE et Françoise DEPARDON,

Accompagnatrices bénévoles pour les territoires du Sénonais et du Jovinien-Migennois

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